La poutine d'Evelyne

Cantine Hurteau, Sorel

Deux évènements m'ont amenée à Sorel dans ma vie. Un match de hockey à l'aréna, et la visite de la Cantine Hurteau. C'est un certain Sylvain le propriétaire de l'endroit. Il a repris le commerce de ses parents, qui l'avaient acquis en 1985. L'endroit s'appelait déjà Hurteau et le nom a été conservé tout ce temps. Sylvain y est depuis tellement longtemps qu'il a servi des enfants à l'époque et sert maintenant les enfants de ces enfants...D'ailleurs, la Cantine Hurteau a tué tous ses compétiteurs. Elle est le seul casse-croûte du coin à perdurer dans le temps. Les autres ont tous fini par fermer avec l'arrivée du McDo il y a plusieurs années. Seul Hurteau a survécu.

 

La Cantine Hurteau a bonne réputation depuis des décennies tout d'abord pour ses bas prix (bien qu'une poutine ne soit jamais très très chère, c'est vrai qu'ici son prix est vraiment très bas!). L'autre raison est que sa sauce brune serait l'une des meilleures du coin. Allons voir.

 

En arrivant, j'ai observé les formats des poutines proposés et je n'ai pas été charmée par le format moyen, que je trouvais trop profond. Je déteste les plats profonds puisque le fromage se retrouve uniquement sur le dessus et nous devenons à la merci de l'ordre des ingrédients. Rien de mieux qu'une assiette ronde en aluminium. J'ai donc demandé qu'on me la serve ainsi, dans une assiette, mais on m'a répondu de ne pas m'inquiéter du format profond, car ils mettent deux étages de fromage. Une au fond, et une sur le dessus. Je me suis donc laissée convaincre.

 

La frite est acceptable, bonne, mais sans plus. C'est une patate du Québec, traitée avec soin et amour. Elle est épluchée sur place 7 jours sur 7, ensuite, les employés enlèvent tous les yeux à la main (les petites taches noires). Puis, elle est tranchée à mesure, jamais à l'avance. Finalement, elle n'est jamais blanchie avant la cuisson. L'objectif étant de se rapprocher le plus possible d'une frite maison, et de la façon dont on la cuirait chez soi.

Le résultat n'est pas dramatique, mais pas si convainquant. J'ai pigé quelques frites mal cuites, où j'ai pu retrouver un croquant de frite crue...C'est une erreur assez importante. Toutefois, la très grande majorité des frites étaient bien cuites, le manque de cuisson fut le cas d'environ 5-6 frites seulement sur le lot.

 

La sauce brune maintenant. Effectivement, brune. À mi-chemin entre les styles bbq et hot-chicken. Très foncée, très onctueuse. Goûteuse, salée, mais sans excès. Son seul défaut est sa quantité exagérée. Les poutines qui présentent un excès de quantité de sauce le font surtout à la fin, à travers les frites finales. Mais ici, mes frites baignaient littéralement dans la sauce dès le 1er tiers de la poutine. Une chance que la sauce est très bonne, sinon, ça aurait pu m'empêcher d'aller plus loin. Mais en continuant mon plat jusqu'à la fin, j'ai découvert qu'il ne restait pas de sauce lors de mes dernières bouchées. C'est étrange d'avoir trop de sauce à mi-chemin, mais pas à la fin. La seule hypothèse possible est la densité du plat, qui empêche l'écoulement de la sauce. Ça m'amène d'ailleurs à ajouter un nouveau terme à mon lexique poutinien puisque cet élément fait une différence dans mon expérience : la DDP (densité du plat).

 

Finalement, le fromage, ma surprise de cette poutine! Après m'être fait servir si souvent le fromage St-Guillaume, il est si savoureux d'avoir la chance de goûter à quelque chose de différent! Ici j'ai droit au fromage Riviera de Sorel. Non seulement on encourage une entreprise locale, mais en plus, il est franchement délicieux! À vrai dire, il a fait la différence sur cette poutine. Je l'ai immédiatement remarqué, malgré la sauce très onctueuse qui aurait pu le masquer. Il est évidemment livré quotidiennement, il est toujours frais, et surtout, toujours à la température de la pièce. Sylvain me l'a même spécifié! Il m'a dit : «On ne sert jamais du fromage froid sur une poutine, jamais jamais jamais!» Il a tellement raison! Merci Sylvain. Que les autres restaurateurs en fassent autant. Servir un fromage froid sur une poutine est un sacrilège.

J'ajouterai en terminant que j'avais du fromage, tel que promis, tout au fond, jusqu'à la dernière bouchée.

 

Une poutine qui vaut le détour, et qui est fidèle à sa réputation.

 

Je lui donne une note de 8,5 sur 10.

 

Cantine Hurteau.jpg



05/08/2015
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