La poutine d'Evelyne

Cantine Mario Bernard, Mont St-Hilaire

Cantine Mario Bernard, Mont St-Hilaire

 

Cette année, j'ai le privilège d'offrir aux lecteurs de La Presse Plus, une série sur la poutine pour la deuxième année consécutive. Tout comme l'an dernier, je vais donc parcourir le Québec à la recherche des endroits qui valent le détour pour leur poutine.

 

Les tournages étant débutés depuis le mois de mai, je peux désormais vous offrir ici le résultat de mes nouvelles découvertes. Mon premier arrêt de la saison est à la Cantine Mario Bernard, au Mont St-Hilaire.

 

Mario Bernard a passé sa vie dans la poutine! Il a fait son entrée dans le métier du gras au restaurant de son père, la Cantine Bernard à Ste-Madeleine. Monsieur Bernard est aujourd'hui décédé, mais sa cantine roule toujours. Mario lui, a décidé de faire cavalier seul en 1998. Il a acheté un terrain, a rasé le kiosque qui s'y trouvait et a construit une maisonnette qu'il a nommée la Cantine Mario Bernard. Elle est en service depuis maintenant presque 18 ans.

 

L'endroit est très joli. Une maison seule sur le bord du boulevard, avec une belle grande cour arrière, toute ensoleillée. On peut manger sur les tables à pique-nique installées sous les pommiers fleuris. C'est très charmant.

 

Malgré les attirantes poutines Mario (avec viande hachée) et Jos Bob (avec saucisses), j'opte pour la pureté du met et je prend une poutine bien ordinaire, de gros format. Le petit format me semble pour les enfants ou les amateurs. (Beaucoup trop petit). Le gros format est parfait, surtout que la poutine ne remplit pas complètement le contenant, donc la portion demeure raisonnable.

 

Pour que je puisse aisément transporter ma poutine jusqu'à l'arrière de la cour, on me pose un couvercle de carton sur le dessus du plat. J'en suis inquiète. Lorsqu'un plat de poutine est fermé, il faut appliquer une TDT impeccable pour ne pas ruiner son met. (Technique de transport) Celle-ci consiste à percer de petits trous dans le couvercle de plastique pour laisser l'air s'échapper. Ainsi, on évite la condensation, qui rend les frites molles. Lorsque le couvercle est en carton, le perçage est difficile à appliquer alors ça constitue un risque. Mais ici, la chance est avec moi; mes frites sont parfaites à l'arrivée. (Il faut dire que je n'ai pas parcouru une longue route)

 

De visu, cette poutine semble délicieuse. Le fromage est présent en grande quantité et surtout, les morceaux sont gigantesques et ramolis, sans toutefois être fondus. C'est la perfection. En plus on a droit au classique son «coui-coui». Le fromage provient de la Fromagerie St-Guillaume. Livré frais, tous les matins sans exception. En me fiant uniquement au fromage, j'aurais donné à cette poutine un 10 sur 10.

 

Les frites ont également bonne mine. Bien dorées, elles ont une consistance impeccable. Elles sont coupées manuellement tous les matins. Elles ont un petit goût de sucré notable, mais qui n'est pas dérangeant.

Mario me confie qu'il choisit toujours des ingrédients de qualité pour la confection de sa poutine. Ils sont plus chers, donc il fait un peu moins de profit, mais pour lui, le jeu en vaut la chandelle puisque le client goûte cette différence et cela fera en sorte qu'il reviendra. Il a raison!! Plusieurs personnes me disent «qu'une poutine reste une poutine»...C'est faux! Faite avec amour, une poutine devient beaucoup plus qu'une autre qui ne l'est pas. Si la poutine est facile à concocter, elle est aussi facile à échouer complètement. (Le bas du classement de ce blogue en est la preuve!)

Bref, Mario Bernard utilise du «shortening» (graisse alimentaire) au lieu d'une simple huile pour la cuisson de ses frites, et ça paraît. On goûte réellement la différence.

 

La sauce elle, est loin d'être mauvaise, mais ça demeure la faiblesse de cette poutine. C'est une sauce à base de poudre. Un mélange de «hot-chicken» et de «bbq». Le résultat est plutôt sucré; on goûte plus le côté «bbq» que le «hot-chicken». Mais puisque la frite est déjà sucrée un peu, ça migre plutôt vers l'excès en la combinant avec la sauce. J'aurais de loin préféré cette poutine en mode plus salé que sucré.

 

Mais j'ai tout de même devant moi un plat qui vaut très certainement un petit détour, ne serait-ce que pour sa cour arrière plus qu'agréable.

 

Je donne à cette poutine une note de 8 sur 10.

 

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03/07/2015
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