La poutine d'Evelyne

Chez Claudette, Montréal

Très drôle l'histoire de ma rencontre avec Claudette.

Je sors d'un souper d'amoureux avec mon conjoint; nous avons mangé des sushis dans un restaurant japonais du centre-ville, mais y étions allés à deux véhicules puisque nous arrivions chacun de notre journée de travail. En sortant du restaurant, mon copain me reconduit jusqu'à mon véhicule, stationné à l'angle St-Denis et Laurier. En passant devant chez Claudette (sur Laurier) je lui demande s'il est déjà allé et il me répond «Ben oui! Toi non? On y va!» Impossible de m'obstiner avec cette offre de poutine si directe. C'est donc en sortant d'un resto que je retourne manger dans un autre resto...ben quoi! Ne me jugez pas!   ;-)

 

Je tenais à aller chez Claudette puisque c'est une institution à Montréal. C'est vraiment uniquement parce que je ne viens pas de Montréal que je n'ai jamais eu l'occasion d'y aller car j'ai bien vite vu qu'il s'agissait de l'endroit où tous les jeunes se rassemblent la nuit, à la sortie des bars, un peu comme ses voisins de Montréal, la Banquise et le Rapido. C'est la version montréalaise du Ashton Grande-Allée à Québec.

 

Maintenant, je le dis souvent, ce n'est pas parce que ta clientèle est jeune et ivre que tu dois négliger l'amour que tu mets dans la recette que tu leur sers. Claudette m'a déçue. Il y avait plusieurs défauts majeurs dans la poutine, et un manque flagrant de savoir-faire pour un endroit si renommé.

 

Commençons par les points positifs, si minces soient-ils : les frites. On travaille avec une patate jaune d'une belle coupe. Une frite maison bien à sa place, cuite dans une bonne huile. Rien à signaler. Avoir su, j'aurais commandé seulement une frite.

 

La sauce est le premier point qui cloche. Elle est plutôt salée, légèrement poivrée également, bien équilibrée en saveurs. Son problème est sa consistance. Elle est pâle et toute diluée, presque inexistante. Elle me fait penser à la première sauce que j'ai essayé de me faire à la maison. Un échec total. Une eau brune. Urk. Probablement (je n'ai pas vérifié) que leur sauce est une livraison de poudre à mélanger avec de l'eau, mais qu'ils mettent plus d'eau que la recette l'indique par souci d'économie ou pour toute autre raison...Et bien on le goûte! C'est une erreur!

 

Le fromage ne fait pas meilleure figure. Il a un très gros défaut, en fait, le pire défaut qu'un fromage à poutine peut avoir. Un sacrilège. Il est froid! En partant, cela veut dire qu'au lieu d'être livré quotidiennement et conservé à la température de la pièce jusqu'au service comme il se doit, il est réfrigéré. Réfrigérer un fromage devrait seulement être fait au besoin, par exemple avec les restants de la veille pour le service du lendemain pour éviter le gaspillage. Mais sinon, c'est à proscrire. Ici, je crois qu'il doit leur être livré au début de la semaine seulement alors ils le tiennent au frigo. Peut-être l'a-t-on même congelé et a-t-on souhaité que la sauce le réchauffe en vitesse au service? Ce serait une grave erreur aussi. Cela dit, je mordais dans du fromage froid et pâteux, nappé dune sauce à l'eau, sur des frites pas si mal...

J'étais contente d'essayer Claudette pour la première fois, mais déçue de devoir vous écrire aujourd'hui que je n'y retournerai pas.

 

Je donne à cette poutine une note de 6 sur 10.

 

 

 Claudette.jpg

 



30/03/2016
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